Succès électoral (03 novembre 2008)

Ce weekend j'ai été élu au conseil général (assemblée législative de 30 membres) de ma commune. Notre nouveau "parti" citoyen bien orienté à gauche a raflé 5 sièges et bousculé la majorité en place.

Je rassure tout de suite ceux qui connaissent mes penchants anarchistes: la politique ni le pouvoir ne m'intéressent, mais dans un premier temps c'est le meilleur moyen de m'intégrer dans ce village que je ne connais presque pas et de faire avancer mon projet prioritaire (les initiatives de transition, sujet que j'arborderai bientôt).

Notre succès est éclatant, comme le montrent les résultats. Je ne le prends pas comme victoire personnelle car il y avait manifestement une forte attente du côté de la population pour une force politique de gauche. Nous nous sommes juste trouvés au bon moment, au bon endroit et avec les bons arguments (mouvement citoyen indépendant de gauche).

Ce qui m'étonne le plus en fait, c'est d'avoir été élu avec des arguments plutôt "radicaux" écrits noir sur blanc dans un de nos papillons distribués à tous les ménages. J'y ai affirmé la primauté des problèmes environnementaux, parlé de permaculture, critiqué le dogme de la croissance, la globalisation, annoncé que nous allions au devant de crise, écrit  que j'étais un anarchiste (ok, j'ai écrit libertaire ce qui pour certains signifie libertin ou libéral). Je n'ai pas non plus hésité à utiliser des mots compliqués comme résilience et intrinsèque.

Si je n'avais pas voulu être élu je ne m'y serais pas mieux pris :-)

C'est un fait qu'être élu n'était pas ma priorité, je l'ai fait parce que ça favorisera mes projets futurs, mais je n'avais surtout pas envie de le faire sans jouer franc jeu. Maintenant, quoi que je fasse ou dise, personne ne pourra me le reprocher, tout le monde est prévenu, c'est parfait.

Mais ce qui est particulièrement remarquable c'est qu'aujourd'hui, dans une région plutôt riche et sans problèmes de la petite Suisse égoïste et à mille lieues des dures réalités du monde, il est possible de parler à contre courant, de promouvoir des idées qu'on pourrait qualifier de subversives et de trouver 10-15% de gens qui trouvent ça intéressant. C'est une très bonne nouvelle pour tous ceux qui veulent se lancer dans des projets alternatifs.

 

 

21:32 | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : politique, valais