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C'est quoi la permaculture ?

medium_Permaculture_logo.jpgLes gens me demandent souvent ce qu'est la permaculture et je suis toujours bien emprunté pour répondre, car il n'y a pas de définition simple et officielle (et je ne suis qu'un débutant).

Car au-delà des définitions rapides comme "la contraction de agriculture permanente" ou "une agriculture durable", il est difficile d'exprimer en quelques mots un mélange de techniques, d'éthique et de philosophie.

J'ai trouvé quelques définitions:

  • C'est la conception et la maintenance d'un système agricole productif ayant la diversité, la stabilité et la résilience d'un écosystème naturel. (source inconnue) 
  • Ensemble de pratiques et de mode de pensée visant à créer un production agricole soutenable, très économe en énergie (travail manuel et mécanique, carburant...) et respectueux des êtres vivants et de leurs relations réciproques. Elle vise à produire de la nourriture en renforçant l'écosystème et particulièrement les êtres vivants en faisant partie. [wikipedia français]
  • C'est une éthique de vie et un système de conception qui utilise une approche systémique pour créer un habitat humain en analysant et dupliquant les schémas naturels. [traduction de wikipedia anglais]

Mais finalement ce n'est pas très surprenant, il n'y a pas non plus de définition simple pour "bio-dynamie", "agriculture biologique" ou "culture intégrée". Encore que les deux derniers n'ont pas de composante philosophique/éthique comme la bio-dynamie ou la permaculture, ce qui rend leur définition plus simple.

Ma définition est encore au stade d'ébauche, je dis ma définition car je pense que chacun doit se faire sa propre définition, en fonction des ses aspirations et de son point de vue. On pourrait dire que toute définition est officiellement valable dès lors qu'elle entre dans le cadre des principes émis par David Holmgren, le co-inventeur de la permaculture, dans son livre Permaculture principles and pathways beyond sustainability. Ce livre propose une douzaine de principes de conception en permaculture, chacun expliqué dans un chapitre. Les définitions énoncées plus haut sont donc toutes valables.

Mais pourquoi, dans les pays francophones, en est-on encore à rechercher des définitions alors que le terme a été inventé il y a 30 ans ?

Le fait est que, dans une définition minimaliste, la permaculture est une sorte d'agriculture soucieuse d'équilibre et économe en moyens, elle peine à exister dans un monde où le but ultime est la croissance économique, où le pétrole ne coûte presque rien, où les déchets et la pollution sont exportés, où le travail bon marché est importé et où la biosphère est méprisée. Elle est donc plus naturellement développée dans les pays qui n'ont pas d'autre choix que d'être soucieux d'équilibre environnemental et d'économie de moyens, là-bas, c'est une question de vie ou de mort.

Mais si ce mouvement se développe en Europe et dans le reste du monde occidental, c'est justement parce que la situation évolue vers un monde différent: moins de croissance, moins de pétrole, de plus en plus de pollution, de moins en moins d'eau, de plus en plus chaud, de plus en plus de monde et de moins en moins de place.
 
La permaculture est une des réponses à ce défi, et en tant que technique agricole, la première question qui vient souvent concerne les rendements, et c'est une erreur de vouloir comparer les rendements de l'agriculture moderne et de la permaculture car ils ne sont tout simplement pas comparables :

  • En permaculture on ne plantera jamais un hectare de salades vertes par exemple: une partie de cet hectare sera utilisée par des plantes sauvages pour servir de refuge aux auxiliaires, comme dans la culture biologique, il n'y aura pas que des salades, pour éviter la monoculture et tous ses inconvénients, il y aura des arbres pour obtenir d'autres gains, d'autres cultures en rotation, des animaux qui vont paitre, etc. En fait le rendement global est bien plus élevé, 1-2 hectares suffisent amplement pour une famille alors que je connais peu d'agriculteurs modernes qui survivent à moins de 10ha.
  • Les intrants sont radicalement différents, il n'y a pas d'engrais chimiques, pas de travail mécanisé de la terre, peu d'énergie, pas de lourd matériel agricole, pas d'insecticides, pas de traitements phytosanitaires (sauf traitements localisés à base d'extraits de plantes cultivées sur place).
  • Plus généralement, on ne peut comparer de la monoculture avec de la polyculture intensive, les tailles d'exploitation sont radicalement différentes, le but l'est aussi: dans un cas on cherche tout simplement à produire un bien pour le vendre sur des marchés parfois internationaux alors qu'en permaculture on s'intéresse plus à la consommation locale et souvent personnelle de ces biens.
  • D'un point de vue éthique, la permaculture positionne le respect de la Terre, de la nature et de l'humain  et de la biodiversité en général comme valeurs fondamentales, alors qu'en agriculture moderne c'est l'enrichissement de certains avec pour corolaire la pollution, l'érosion, la limitation des espèces, l'exploitation de la main d'oeuvre, etc.

J'ai entendu plusieurs agriculteurs exprimer leur regret de ne pouvoir exercer une agriculture plus naturelle et plus respectueuse de l'environnement. Si ces gens ont suivi cette voie, c'est généralement pour leur amour de la nature, des animaux, de la vie au grand air, pas pour pouvoir conduire un immense tracteur et passer leur temps à vaporiser des fongicides, herbicides et insecticides. Malheureusement pour eux, et pour nous, leur travail n'est pas rémunéré à sa juste valeur et le piège de l'endettement s'est refermé sur eux.

Une objection courante est de dire qu'il faut bien nourrir le monde, mais c'est un mensonge proféré par les barons de l'agrobusiness: en baissant de moitié la surface dévolue au pâturage, donc à la production de viande et de lait, on peut multiplier par 3 la surface dévolue au maraichage et à l'arboriculture (et par la même occasion limiter nos émissions de CO2), il est donc tout à fait possible de nourrir tout le monde de façon naturelle. Et je ne parle même pas de la conversion de surfaces urbaines ou périurbaines où on pourrait transformer pas mal de pelouses inutiles et nuisibles en jardins potagers.

Pour terminer, j'ai aussi trouvé une définition qui me plait beaucoup car elle est ne se limite pas à l'aspect agricole:

Ethiques, principes et savoir-faire appliqués globalement à la terre, à l’homme ainsi qu’à l’économie, dans le respect des besoins et caractéristiques fondamentaux de chaque élément. [Source inconnue]

Lien permanent Catégories : Permaculture Imprimer

Commentaires

  • C'est un article très intéressant. Tu trouveras aussi sur Ekopedia une page sur la permaculture. Voici l'url : http://fr.ekopedia.org/Permaculture
    A bientôt !

  • Merci Cendrine, j'avais oublié Ekopedia, la page est très bien faite.

  • intérêssant ...mais quelle différence avec le bio ?
    merci

  • Bernard, il n'y a pas de différence car permaculture et bio ne sont pas sur le même niveau. La permaculture utilise des notions d'écologie, de paysagisme, d'agriculture biologique et de pédologie (wikipedia).

    On peut faire du bio sans permaculture, mais il est évidemment impossible de faire de la permaculture sans faire du bio ;-)

  • Un bel article qui relate la découverte naturelle de la permaculture lors d'un voyage:
    http://icilabas.hautetfort.com/archive/2006/10/30/goriano.html

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