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A qui profite la grippe aviaire

e21450b2b1c3f8ab43d0eee9e2fb30dc.jpgDans la série "A qui profite le crime", est-ce que la grippe aviaire est pour demain ?

La grippe aviaire est la future pandémie du XXIème siècle, similaire à la grippe espagnole de 1918 et ses 100 millions de morts. Les représentants de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) sont formels: on ne sait pas quand, mais cette pandémie aura lieu.

Je dois l'avouer tout de suite, j'ai vraiment cru à cette histoire et me suis inquiété après la lecture d'un long article dans Science & Vie au début 2005, puis un numéro du très sérieux Foreign Affairs de l'été 2005 qui y consacrait plusieurs articles de fond.

La problématique résumée:

Le virus H5N1 fait actuellement des ravages parmi les poulets. Ce virus n'est normalement pas transmissible à l'homme, même si quelques décès lui sont imputables. Le danger est que si un humain est infecté à la fois par le H5N1 et par un virus grippal humain, il y a risque de recombinaison/mutation du virus qui pourrait ensuite se propager. Vu la virulence et la létalité du H5N1, il y a des quoi se faire du soucis.

Les acteurs:

e61cc2722b131ac970b686d997280675.pngLes acteurs principaux sont bien sûr les poulets, ceux qui appartiennent à un petit élevage familial et ceux qui sont entassés dans les méga-élevages industriels. Ils meurent à cause de la maladie mais sont généralement tués préventivement.

Les oiseaux migrateurs sont soupçonnés de véhiculer le virus d'un continent à l'autre et sont donc particulièrement surveillés, d'ailleurs les poulets doivent être mis sous clés lorsqu'ils passent.

Chez les humains, l'acteur principal est l'OMS qui devient incontournable sur cette affaire, Roche qui fabrique le tamiflu, seul antiviral efficace contre le H5N1, quelques firmes qui fabriquent des "vaccins", les fabricants et vendeurs de gants et masques de protection, et pour terminer, les industriels de la volaille pour qui la disparition de ces milliards de poulets et d'oeufs artisanaux est une bonne chose.

Le crime:

Le premier est celui des virus alliés aux poulets contre l'humanité, le second est celui contre notre porte-monnaie et notre tranquillité: les gouvernements et les entreprises font des stocks de tamiflu. Dernièrement l'office fédéral de la santé a suggéré par voie de presse que les suisses fassent des réserves de masque de protection. Les petits élevages ont été stigmatisés et dans beaucoup de pays asiatiques, ils ont tout simplement été annihilés.

Les indices

L'enquête:

Les grands gagnants de cette affaire sont nettement (sans ordre de priorité): l'OMS, les fabricants de tamiflu et de vaccins et les industriels de la volaille.

Les virus n'ont quasiment pas marqué de point: le nombre de victimes est ridiculement bas en comparaison d'une simple grippe saisonnière. On nous dit que ça peut devenir plus grave si on y prend garde.

Dans cette affaire, il y a tout de même plusieurs faits troublants:

  1. Le fameux virus pandémique n'existe pas encore vu qu'il n'a pas encore effectué sa mutation.
  2. S'il mute, rien ne permet de dire qu'il soit aussi virulent et pathogène que le H5N1
  3. S'il mute et s'il est pathogène, rien ne permet de dire que le tamiflu sera toujours efficace
  4. S'il mute et s'il est virulent, rien ne permet de dire que les vaccins ou pré-vaccins seront efficaces
  5. Les oiseaux migrateurs ont été accusés mais des foyers d'infections ont plutôt l'air d'avoir suivi des voies commerciales
  6. L'OMS et la FAO ont accusé les élevages familial alors que cette alliance humain-poulet existe depuis des milliers d'années sans causer de problèmes particuliers.
  7. Le mode d'élevage industriel des poulets, incroyablement affaiblis par des conditions inhumaines, n'a jamais été remis en cause, ni le commerce international.
  8. Les conditions actuelles n'ont rien à voir avec celles de la première guerre mondiale qui ont permis le développement sournois de la pandémie, on peut raisonnablement espérer une nette amélioration de la gestion de ce genre de crises.

Conclusion:

Les preuves formelles du risque, tel qu'il est présenté, n'existent pas. Toutes les mesures financières prises le sont sans garanties et disproportionnées par rapport à d'autres risques. Les intérêts financiers sautent aux yeux. Les vrais problèmes que sont l'élevage industriels ne sont pas remis en question.

J'ai changé d'avis sur cette affaire: on nous mène en bateau. Je ne nie pas qu'une pandémie puisse se produire dans le court ou moyen terme, mais ce sera sûrement une qu'on n'avait pas prévue. Si elle se produit dans des conditions normales, nous avons les moyens de la détecter, de la suivre et de la confiner.

Epilogue: je possède une dizaine de poules qui sont en bonne santé, n'ont jamais été vaccinées. J'ai élevé une dizaine de poussins sans pertes. Mes enfants jouent régulièrement avec. En 2005 je me suis fait vacciner contre la grippe mais maintenant ça suffit.

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Commentaires

  • Article repris par Naturavox http://www.naturavox.fr/article.php3?id_article=1198

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