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Déni et aveuglement

Hier soir, le prix records du pétrole et du blé étaient à la une du téléjournal de la TSR, le pic pétrolier n'a même pas été évoqué. A se demander s'il n'y a pas de la censure.

 Ces trois sujets ont été présentés à la suite:

  • Le baril de pétrol dépasse les 96$ (1:36 min)
  • Analyse d'un représentant de l'Union Pétrolière Suisse (1:46 min)
  • Le prix du pain a augmenté de 10% (1:41 min)

Donc, presque 4 minutes sur le sujet du pétrole pendant lesquelles les termes "pic pétrolier", "réserve" ou "déplétion" n'ont jamais été évoqués. Quant au sujet sur le pain, il n'a pas été lié aux précédents.

Ce matin, la radio suisse romande a parlé  du problème de la chute des bourses avec plusieurs invités, principalement des économistes. Là encore, le fait que notre économie est liée à une énergie abondante et bon marché dont l'abondance diminue n'a jamais été évoqué.

Une explication simple est que je ne suis ni économiste ni géologue et que ces histoires de pic pétrolier sont délirantes.

Sauf que la situation actuelle ne m'étonne absolument pas. Pire, elle suit exactement le développement que j'attendais. Cette "prescience" n'étant que le résultat de la synthèse de plusieurs années passées à glaner des informations ici et là, mon seul fait est d'avoir repéré des sources que je considère comme bonnes établi des relations entre elles.

J'ai d'ailleurs gagné une fois un jeu sur Oléocène en faisant une prédiction de cours à 0.73$ près. Dans un autre jeu, j'ai prédit un baril à 100$ pour le 16 novembre. L'année n'est pas encore terminée et tout est encore possible, mais pour l'instant mes prédictions semblent plus correctes que celles de Jacques Mechelany de la banque Héritage qui prévoyait en juin un cours à 35$ pour la fin de l'année*.

Tout ça pour dire que mes prévisions liées au cours du pétrole ou à l'économie (j'ai depuis longtemps liquidé mes placements boursiers et acheté de l'or) sont basées sur le fait que je considère que tout est lié à l'énergie et particulièrement à l'énergie bon marché et que la situation est en train de changer radicalement.

Ce qui m'étonne donc, c'est que les professionnels de ces diverses branches, dont les médias, n'évoquent que très peu ou pas du tout ce problème.

Alors est-ce du déni de réalité ou de la censure ?  Veut-on éviter de semer la panique ?

 

 

* selon moi, si le cours atteint 35$ à la fin de l'année, ce sera à cause d'une récession mondiale...

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Commentaires

  • Déni de réalité ? Aveuglement ? Ignorance ? Veut-on éviter de semer la panique ? Je me suis posé ces mêmes questions lorsque j’ai constaté, comme vous, que les professionnels de diverses branches (dont les media) n’évoquaient que très peu ou pas du tout le fait que nous approchons de l’événement « Peak Oil” et ne semblaient pas être conscients des conséquences qui en résulteront.

    Je me suis notamment posé ces questions en ce qui concerne l’équipe de rédaction du mensuel La Recherche (auquel je suis abonné depuis longtemps). Les lignes suivantes, relatives à l’article intitulé « L’aviation en quête de sobriété » (mensuel n° 411, septembre 2007, par Cécile Michaut) rapportent un exemple représentatif de mes interrogations.

    Dans cet article, l’auteur considérait comme vraisemblable et/ou probable qu’une croissance soutenue du trafic aérien de l’ordre de 3% à 4% par an se poursuivrait jusqu’en 2050 et prévoyait aussi que la part du transport aérien dans les émissions de gaz à effet de serre passerait de 2% aujourd’hui à 3% en 2050, « le total [des émissions] augmentant lui aussi selon toute vraisemblance »). Je me suis alors demandé si Cécile Michaut ignorait que le nombre 1,035 élevé à la puissance 43 est égal à 4,4 ou si elle estimait qu’un quadruplement de notre puissance économique mondiale actuelle (extrapolé à l’horizon 2050 sur la base d’une croissance continue de 3,5% par an) était suffisamment réaliste pour qu’il n’y ait pas lieu d’émettre des doutes à son sujet …

    Je m’étais préalablement étonné, dans diverses lectures précédentes, de constater que l’incompatibilité entre la poursuite de la croissance et la réduction des émissions de gaz à effet de serre n’apparaissait pas évidente aux auteurs d’une revue scientifique réputée. Ainsi, dans l’article intitulé « Les émissions de CO2 s’envolent » (mensuel n°410, juillet-août 2007), Fabienne Lemarchand paraissait surprise d’observer que les émissions de dioxyde de carbone ont crû bien plus vite (entre 2000 et 2007) que ne le prévoyait le pire des scénarios du GIEC alors que le consensus sur la lutte contre l’effet de serre s’était paradoxalement renforcé au cours de la même période. Elle précisait la cause de cet envol soudain et inattendu : « L’absence d’avancées technologiques majeures et, surtout, le recours toujours croissant au charbon dans les nations émergeantes ». Elle déduisait ensuite de cette cause les conséquences prévisibles pour le proche avenir : « Il est aujourd’hui clair que les rejets de CO2 continueront d’augmenter fortement au cours des prochaines années, voire de la prochaine décennie. Dès lors, les objectifs du Protocole de Kyoto – réduire d’au moins 5,2% les émissions de gaz à effet de serre sur la période 2008-2012 par rapport au niveau de 1990 – paraissent plus que jamais intenables ». Puis elle concluait ainsi : « Quoi qu’il en soit, ces résultats soulignent, si besoin est, la nécessité d’impliquer les pays émergents dans les futures négociations sur le climat. »

    J’ai aussitôt fait remarquer (dans le cadre du courrier des lecteurs) que je n’étais pas surpris, de mon côté, de lire de telles informations. Convaincu depuis longtemps que les énergies renouvelables (intrinsèquement diluées) ne pourront jamais nous fournir des niveaux équivalents à ceux que nous retirons aujourd’hui des énergies concentrées, je n’ai jamais cru que des avancées majeures permettraient de contourner les lois de la physique. Sachant aussi (grâce aux publications de l’ASPO) que la production pétrolière approchait probablement de son plafonnement et qu’une croissance économique mondiale à présent tirée vers le haut par les pays émergents ne pouvait être poursuivie que grâce à un recours massif au charbon (et sachant en outre que la séquestration du carbone émis n’était pas pour tout de suite), j’avais tout naturellement anticipé un tel envol des émissions de gaz à effet de serre.

    Mais mon courrier ne caressait pas le poil dans le bon sens. Il n’a donc pas été publié …

    J’ai par contre été tout surpris, quelques mois plus tard, de lire dans le cahier spécial de janvier 2008 (n° 415, intitulé « Objectif Terre 2050 ») un très bon article d’Adolphe Nicolas (1) tout à fait à la page par rapport aux réalités énergétiques d’aujourd’hui et le premier à ma connaissance sortant du genre « Déni ou ignorance de Peak Oil » publié par La Recherche. J’ai donc depuis lors découvert un nouveau centre d’intérêt pour ce magasine car je me pose désormais la question suivante : « Cette publication est-elle le signe d’un tournant important dans l’attitude de l’équipe de rédaction par rapport à Peak Oil et comment évoluera cette attitude au cours des mois ou années à venir ? »

    André Sautou
    _____

    (1) Physicien, géologue et professeur émérite au laboratoire de tectonophysique de l’université de Montpellier-II, Adolphe Nicolas est également membre d’ASPO-France. Intitulé « 2050, rendez-vous énergétique », son article reproduit (entre autres) un graphe présentant la courbe de variation de la production globale d’énergie primaire de 1860 à 2000, une courbe dont la connaissance est essentielle pour tous ceux qui s’intéressent aux effets d’interactions synergiques entre d’une part l’évolution de cette production et, d’autre part, l’évolution de la population humaine mondiale. Cette courbe peut être dénichée avec un moteur de recherche en tapant les mots clés contenus dans « Schilling & Al. (1977), IEA (2002), Observatoire de l'Energie (1997) ». L’une des pages qui la contiennent est celle-ci :
    www.manicore.com/anglais/documentation_a/articles_a/palace_may2001.html
    J’ai présenté une brève étude analysant ce graphe dans la newsletter de janvier du blog http://thesmartcreature.blogspot.com/ dont je suis le rédacteur.

  • Plus d’un an après sa parution, ce texte demeure toujours d’actualité : les media grand public continuent toujours d’ignorer l’incidence de Peak Oil sur la crise actuelle, excluant l’incidence d’un tel événement dans l’analyse des causes de la récession alors que quatre des cinq récessions globales observées au cours des dernières décennies écoulées ont été précédées par un choc pétrolier.

    Ce constat est rapporté par Jeff Rubin et Peter Buchanan (CIBC World Markets, October 2008) et accessible à partir de la page WEB ci-dessous, dans laquelle est reproduit le graphique qui l’illustre.

    http://realcauseglobalrecession.blogspot.com/

    Dans sa newsletter de Décembre 2008 (paragraphe 1101), Colin Campbell (fondateur de l’ASPO) perçoit lui aussi que les gouvernements ne veulent pas reconnaître les causes profondes de la récession. Il doute que les injections d’argent dans le système permettront de restaurer durablement l’état de croissance économique, étant donné qu’une telle restauration rétablirait la croissance de la demande de pétrole et conduirait rapidement vers une nouvelle flambée des cours.

    Faudra-t-il que plusieurs «cycles vicieux» de ce type se produisent avant que les gouvernements et la majorité des gens reconnaissent enfin la réalité de la situation?

    http://www.aspo-ireland.org/index.cfm?page=viewNewsletterArticle&id=117

    «Cette crise prendra fin, comme toutes les crises», disent encore et toujours nos gouvernants, s’appuyant sur le fait que les récessions observées au cours du 20ème siècle ont effectivement pris fin…

    Ils «oublient» toutefois de préciser qu’il était alors physiquement possible d’augmenter vigoureusement la production annuelle d’énergie afin d’alimenter la reprise de la croissance économique.

    Et ils ne veulent pas encore entendre que «nous avons aujourd’hui atteint le sommet», ainsi que l’affirme Colin Campbell au paragraphe n° 1112 de sa newsletter de Janvier 2009 (intitulé «Crossing the Summit»).

    http://www.aspo-ireland.org/index.cfm?page=viewNewsletterArticle&id=111

  • J'avais complètement oublié cette note, merci de la "resusciter" ;-)

    J'avais aussi parié que le baril ne descendrait pas en-dessous de 100$ en 2008, je l'ai manifestement perdu, mais je vois avec plaisir que je rajoutais "si le cours atteint 35$ ce sera à cause d'une recession mondiale".

    Cela dit, un journal que je lis régulièrement, Le Temps, a un feuillet économique où l'on trouve des textes assez lucides. Encore récemment, ils pointaient sur le gros problème du grave manque d'investissement dans les infrastructures pétrolières à cause des prix trop bas, mais il est vrai que ce n'est pas tout à fait un "journal grand public".

  • Ton commentaire précédent m’a suggéré deux remarques:

    1°/ Je suppose que le mot «plaisir» utilisé dans ta phrase se rapportant à la survenue d’un événement aussi déplaisant que peut l’être une récession mondiale doit être interprété avec l’acception «satisfaction intellectuelle par rapport à la justesse d’une prévision». Tu ne te réjouis pas, je présume, d’observer qu’une proportion de plus en plus grande d’entre nous, humbles humains, bascule en état de précarité et/ou de détresse sous l’effet des ravages causés par cette récession.

    2°/ Ma deuxième remarque concerne les prévisions annoncées en juin 2007 par Jacques Mecchelani (rapportées dans ton article, avec lien), par rapport auxquelles il m’a paru intéressant d’évaluer le degré de justesse sous l’éclairage de la connaissance des événements qui ont été déroulés jusqu’à aujourd’hui par le fil de notre histoire.
    J’ai tout d’abord exprimé une évaluation succinte (quelques lignes)… puis, après quelques réflexions supplémentaires, j’ai doublé sa longueur… puis triplé…
    Et puis, et puis, et puis… j’ai abouti à un article aujourd’hui publié sur le site oleocene.org

    http://www.oleocene.org/node/55

  • En effet, c'était un plaisir de "satisfaction intellectuelle" relative à ma précision.
    La récession va certainement causer bien des souffrances et faire basculer de plus en plus de monde dans la précarité, de l'autre côté elle est inévitable, et forcément nécessaire, et plus la correction tarde et plus elle sera douloureuse, mais c'est un autre sujet.

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