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Sortir du piège

b8a77feb150d1de98c95069137aef245.pngSuite à une série de notes sur ce blog et d'autres[1], la prise de conscience de certains problèmes par les politiques ou les médias, la crise financière et économique qui se manifeste, le constat est, à moins de se voiler la face, désespérant, ou pour dire simplement: nous sommes fichus[2].

Il faut malgré tout ne pas se laisser aller au désespoir: ce n'est qu'une phase normale après l'ignorance, le déni et l'acceptation. Il faut passer rapidement à la phase suivante qui est l'action, et particulièrement l'action positive et constructive.

Tout d'abord, un premier constat s'impose: nous ne sommes pas arrivés là par la volonté d'un monarque tout puissant, d'un gouvernement corrompu, de quelques multinationales ou d'une classe particulière; ils sont responsables mais ne portent pas l'intégralité de la responsabilité. Nous n'en sommes pas non plus arrivés là grâce à un programme clairement établi, ni par le seul hasard. Non, nous en sommes arrivés là par une série d'actions individuelles, plus ou moins coordonnées, plus ou moins conscientes[3]. Le corollaire est qu'on peut s'en sortir de la même manière[9].

Aussi sûrement qu'il y a mille explications à notre situation (même si on peut le résumer à l'échec de la civilisation[4]), il y a mille manières d'arranger les choses (même si on peut le résumer à sortir de la civilisation[4]).

Les raisons d'en sortir, les moyens d'en sortir et la façon de vivre en-dehors sont amplement documentés et supportés par des bases théoriques et pratiques. Deux domaines, non manifestement connectés, semblent à mon avis être de bons candidats comme boîte à outil conceptuelle du futur: l'arnarchie verte[5] et la permaculture.

L'anarchie verte est un anarchisme moderne qui prône un monde égalitaire, vraiment égalitaire, où l'humain vivrait en parfaite intégration dans son environnement naturel. Il aspire à nous libérer, à nous faire redevenir sauvages (c'est-à-dire non domestiqués) et à nous faire ressentir le monde sans artifices ni béquilles[6]. Il s'agit à la fois d'une critique extrêmement radicale de notre mode de vie et d'une proposition de changement tout aussi radicale. Ce radicalisme, ainsi que l'acceptation de la violence, celle des opprimés contre les oppresseurs, fait probablement que ces thèses ont de la peine à sortir d'un petit groupe d'intellectuels.

Ce qui manque à l'anarchie verte, à mon avis, c'est une méthode pratique et douce pour passer d'un monde à l'autre, une méthode plus appropriée au mouton citoyen lambda que le militantisme ou l'activisme extrême.

C'est une invention relativement récente, la permaculture, qui nous fournit un outil adapté à l'usage du plus grand nombre.

Contrairement à ce que pensent beaucoup de gens, la permaculture ne se résume pas à une technique de jardinage sans labours ni efforts. Il s'agit d'un système global basé sur des principes éthiques et des principes de conception ayant pour but l'établissement d'un environnement productif et durable pour l'être humain.

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Cette complexité est représentée par la fleur de la permaculture (version détaillée) où l'ont voit tous les domaines qui intéressent la permaculture (on n'y trouvera pas l'industrie des loisirs, les mass-média et la défense par exemple).

La permaculture ne dit pas comment, d'un point de vue politique, on peut effectuer cette transition vers un monde éthique, intégré dans la nature et équilibré, elle ne dit pas non plus ce qu'il adviendrait des états, du système économique actuel ni des industries polluantes et destructrices. Elle ne propose aucune cassure, juste une révolution personnelle, lente et non-violente, même si le changement de paradigme implicite est tout aussi radical. Ses principes éthiques sont simples et universels (Soin de la Terre, soin des gens, partage équitable) mais leur application changerait le monde.

La permaculture n'a pas échappé à quelques théoriciens de l'anarchie verte. Ils ont relevé son intérêt et sa proximité idéologique mais on critiqué le fait qu'il s'agit malgré tout d'un système agricole et que la remise en question du système n'est pas assez radicale.

Ces deux idées ont en commun qu'elles proposent des visions désirables, pour autant qu'on accepte d'ouvrir les yeux et de se décrasser l'esprit.

Personnellement, je vois l'anarchie verte comme un idéal et la permaculture comme un outil transitionnel. Le développement et la diffusion de ces deux mèmes[8] peut nous permettre de sortir du piège et de nous diriger vers un nouvel âge d'or[7].

Il faut maintenant affiner, simplifier et diffuser ces idées. Ce n'est pas une chose facile, les milieux traditionnellement intéressés par ces idées novatrices ont généralement tendance à se perdre en querelles sur les détails. Il manque encore le manifeste, le slogan et la bannière pour faire converger le plus grand nombre et provoquer un basculement civilisationnel positif.

 

DK 2008

Notes

[1] Sur ce blog: La farce et le dindon, la croisée des chemins, la grande image
[2] et nous allons tous mourir dans d'atroces souffrances comme dirait Rico sur Oléocène.
[3] lire les oeuvres de Daniel Quinn, en français on trouve Ishmael ou la traduction en cours de Beyond civilization.
[4] pour être qualifiée de civilisation, une culture doit avoir au moins les 5 caractéristiques suivantes: populations sédentaires, spécialisation du travail à plein temps, concentration des surplus de production, structure de classe (hiérarchie), organisation étatique, mais généralement aussi: écriture, travaux publics monumentaux, commerce, science (mais on peut les résumer à mettre la nourriture sous clé).
[5] étroitement liée à l'anarcho-primitivisme et à l'écologie profonde
[6] voir les ressources sur Google green anarchy, lire la brochure anticivilisation (copie) ou les traductions sur l'En dehors
[7] Age mythique, c'est un temps d'innocence, de justice, d'abondance et de bonheur
[8] éléments d'une culture.
[9] l'archéologie a révélé plusieurs chutes de civilisation dont on pourrait supposer qu'elles ne sont pas toujours causées uniquement par l'environnement ou des guerres, par exemple les civilisations pré-colombiennes.

 

Lien permanent Catégories : Holisme, Permaculture Imprimer

Commentaires

  • Repris et commenté sur Naturavox:
    http://www.naturavox.fr/article.php3?id_article=3097

  • Bravo pour tes idées et ton combat, l'ami!
    Je suis d'accord avec toi, nous sommes fichus... à moins d'un sursaut citoyen plus qu'improbable!
    Mais que ça n'empêche pas de dénoncer et de se bagarrer!

  • Je pense qu'il doit pas avoir de copyright sur cette fleur.. Je m'en vais l'imprimer et la coller partout dans la rue :D

  • Nous connaissons nous par le forum? Je pense que nous sommes arrives a une cohérence philosophico-politique semblable. Je suis un grand amateur de John Zerzan et de l'anarchie verte, j'ai habite a Eugene (Oregon) pendant un an et j'ai decouvert la permaculture plus tard en Thailande. J'ai énormément envie d'écrire des articles dans ce domaine...peut-être devrions nous échanger un peu plus que sur le forum...

    kalou

  • Salut kalou,

    ça fait toujours plaisir de connaitre de nouvelles personnes un peu sur la même longueur d'onde. Je ne sais pas si je suis un grand amateur de Zerzan parce que je n'ai lu que quelques textes de lui, j'ai en tout cas beaucoup apprécié son recueil "Against civilization" et suis abonné à son journal. L'as-tu rencontré à Eugene ?

    J'en ai profité pour mettre à jour quelques liens, note 6, en particulier un lien vers des traductions de texte parus dans Green Anarchy.

  • Pour le fascicule :
    http://web.archive.org/web/20060615134527/http://entremonde.net/IMG/pdf/anticivilisation_livret.pdf

  • MERCI++

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