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Echec du dessalement

Lors d'une discussion récente j'évoquais le manque d'eau potable, ou au moins utilisable pour l'agriculture comme facteur majeur de troubles. Ma source principale d'information étant le livre La guerre de l'eau de Vandana Shiva.

On m'a rétorqué que les technologies de dessalement (ou dessalage, qui est un processus permettant de retirer le sel de l'eau salée pour la rendre potable ou l'utiliser pour l'irrigation) fourniraient (notez le subjonctif) des quantités illimitées d'eau. Face à ce genre d'argument, j'arrête généralement la conversation, à moins que je dispose de quelques heures pour expliquer qu'il faut beaucoup d'énergie pour cette opération, que l'énergie devient denrée rare et que les pays qui ont besoin d'eau ne sont pas nécessairement au bord de la mer.

Grâce au blog de Sharon Astyk je dispose maintenant de l'argument-qui-tue: l'Arabie saoudite cesse de produire du blé par manque d'eau.

La source de la nouvelle est le Financial Times.

Cette décision représente un changement de direction majeur de l'administration saoudienne qui a lancé un programme de développement agricole dans les années 70 pour devenir auto-suffisante.

Partant d'une production de 3000 tonnes de blé en 1970, l'Arabie est devenue exportatrice et en 1991 la production à atteint 3.8 millions de tonnes.

La demande en eau a augmenté rapidement à cause d'une part un accroissement de la population qui est passée de 7 millions en 1974 à environ 24 millions et d'autre part un boom économique et industriel.

Le pays n'a pas de rivières ou de lacs permanents et peu de pluie. Le gouvernement a donc construit des barrages pour capter les eaux saisonnières, des dizaines de milliers de puits profonds et 27 usines de dessalement.

Nous avons donc là un pays riche, proche de deux mers et disposant de ressources pétrolières(quasiment illimitées disent-ils) qui n'est plus capable de produire assez d'eau pour son autonomie alimentaire. Que ceux qui croient à la toute puissance de la technologie pour résoudre nos problèmes ruminent là-dessus.

Les saoudiens n'ayant pas donné d'explications à cette décision, on peut bien sûr faire quelques suppositions. Mon avis est que le dessalement est bien trop coûteux en énergie, que la culture artificielle au milieu du désert est bien trop coûteuse en intrants et qu'enfin ils ont quelques problèmes pour maintenir le production de brut. Mais je laisse à d'autres le soin de conjecturer là-dessus.

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