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Agroécologie, nouvel oxymore ?

Est-t-il écologique d'artificialiser la nature ?

Un texte de Thierry Sallantin du 28.8.2008

  • Vers une réintroduction des méthodes douces d'artificialisation des forêts en décolonisant notre imaginaire d'occidentaux ne jurant que par l'AGER (guerre à la nature !)
  • Nouvelles interrogations autour des notions de SYLVA, AGER et HORTUS
  • Exemples des agricultures Wayampi (Guyane française) et Yanomami (Venezuela)

Texte complet

Note: je n'en n'ai pas encore fait une lecture exhaustive, je mettrai mes commentaires plus tard.

Lien permanent Catégories : Environnement, Permaculture Imprimer

Commentaires

  • Les enseignements ethnologiques et "agronomiques" (on devrait dire horticoles) de l'article sont très intéressants. On y retrouve quelques preuves chiffrées que l'homme peut se nourrir quasi sans travail dès lors qu'il est entouré d'un jardin d'Eden.

    La conclusion est un peu parachutée et hors de propos. J'aurais préféré une réflexion sur la façon d'adapter le modèle à nos écosystèmes aux saisons encore plus marquées, ainsi qu'à nos superficies par habitant passablement plus étriquées.

  • Je ne trouve pas que le débat en dernière partie soit hors de propos. En fait, connaissant un peu le personnage, je serais même tenté de dire que la démonstration du début ne sert qu'à soutenir le débat. Il faut aussi savoir que M. Sallantin ne désire qu'une chose, c'est s'installer définitivement dans la jungle.

    Chez nous, il faudrait d'abord recréer des jardin d'Eden, c'est-à-dire des forêt qui soient nourricières pour l'homme et pas des forêts qui ne servent qu'à produire du bois.

    Et les contraintes climatiques, il faut faire avec, c'est-à-dire stocker durant la belle saison et chasser un peu.

    La superficie par habitant c'est un autre problème, mais là on y peut rien, il faut attendre que ça s'arrange.

  • L'article est très intéressant et mais bien en valeur les dérives de notre agriculture industrielle.
    Cependant, je pense aussi qu'il compare deux situations, deux écosystèmes incomparables. La forêt amazonienne est riche, équilibrée.
    En Europe, avant que l'homme n'intervienne, était recouverte de forêt d'hêtres, chênes et conifères avec des sous-bois sous-développés, voire morts par endroits. Une subsistence par la cueillette et la chasse aurait été difficilement envisageable. Il ne faut pas oublier que les débuts de l'agriculture et la méthode du brulis, à permis à des variétés de plantes de se développer, ce qui était impensable en cohabitation avec nos forêts. L'agriculture a donc été un soutien direct à une forte augmentation de la biodiversité (qui retombe à son niveau d'autrefois à cause de l'agriculture d'aujourd'hui...)

    Il est donc clair que notre agriculture ne soit pas appropriées, mais de l'accuser de tous les maux est à mon avis pas entièrement juste. L'agroécologie, certes a besoin d'amélioration sur certains points, mais reste une solution fiable aux problèmes de demain tout en proposant une voie humaine et non-catastrophiste.

  • Bonjour Timothée,

    Tu as dit "L'Europe, avant que l'homme n'intervienne, était recouverte de forêt d'hêtres, chênes et conifères avec des sous-bois sous-développés, voire morts par endroit."

    Tout d'abord, je ne sais pas dans quelle mesure on connait la composition exacte des sous-bois des forêts occupées par les humains du paléolithique.

    On sait par contre qu'il y avait quantité de hêtres et de chênes.

    Voici ce qu'écrit François Couplan de le "Régal végétal sur ces deux arbres":

    Les glands de nombreuses espèces de chênes ont été consommés par l'homme depuis des temps immémoriaux. Dans certains cas, ils sont doux et peuvent être mangés simplement grillés ou bouillis, ou même parfois crus.
    Mais bien souvent, les glands sont amers à cause des tanins qui sont heureusement solubles dans l'eau et peuvent être facilement éliminés.
    Les glands amers contiennent des protéines (4%), des lipides (4%), des matières amylacées (amidons) (30-35%), des sucres (10%) et des tanins (7%).

    Les tanins étaient en outre utilisés pour le tannage des peaux. Les chênes ont également de nombreuses propriétés médicinales. Leur bois est très intéressant.

    Quant au hêtre, il est tout autant intéressant. Le cambium est comestible, les jeunes feuilles également. Mais leurs graines, les faines, sont riches en protéine et en huile comestible.
    Le bois est un excellent combustible.

    Voilà, c'était juste pour dire qu'une forêt de chênes et de hêtres est un véritable garde-manger.
    Je doute que les sous-bois étaient "sous-developpés" ou "morts". Les humains qui habitaient ces forêts devaient très certainement faire des éclaircissements pour leurs campements, ramasser le bois mort, ramasser de la litière et favoriser la multiplication de tous les buissons et plantes utiles: baies, noisettes, plantes mucilagineuses, etc.

    Ces forêts contenaient également une incroyable quantité de gibier, dès la maîtrise de l'arc au mésolithique, les chasseurs ont encore pu compter sur une source de protéine quasiment infinie.

    Un jour l'homme est intervenu pour transformer ce garde-manger en réserve de combustible, en champs ou en paturages, la forêt a cessé d'être habitée et s'est transformée.

  • Hello Dominique!
    Comme je suis contente de vous avoir découvert ainsi que votre excellent site sur la permaculture!
    Il y a 7 ans, j'ai commencé à transformer env. 2000 m2 de vignes à Plan-Cerisier/Martigny et à Fully, en jardin d'Eden.
    Aucun produit chimique de quelque nature que ce soit, sol tourné pendant cinq années consécutives, printemps et automne, pour éliminer les résidus herbicides et pesticides...
    Fraises, menthe, thym, achillée millefeuille, oseille, camomille,
    millepertuis, chardons... biodiversité dans les plantes, un véritable plaisir! Ces trois dernières années, j'ai laissé la terre sans la travailler, le terreau est très riche.
    Je serais très heureuse de vous les faire visiter. Merci de me contacter sur mon natel. Je me trouve à Martigny.
    Lydia Fleutry

    Note: je suis allé visiter la vigne de Lydia, je ferai probablement un article là-dessus.

  • A propos des "forêts européennes" qui existaient avant l'intervention humaine, je voudrais vous apprendre quelque chose.
    L'europe du pléistocène n'était pas couverte de forêts, mais d'une sorte de vaste savane arborée, froide, devenant plus à l'est (climat continental une "steppe arborée"). Et oui, contrairement à ce que l'on croit souvent, le climax européen n'est à l'origine pas celui de la traditionnelle "forêt germanique" !
    Cette savane arborée froide était due à l'équilibre entre des forêts éparses de chênes et de hêtres, et de grands troupeaux d'herbivores, certains broutant plutôt des graminées (certaines atteingnant 3 à 4 m de haut), comme les chevaux, les aurochs, les bisons, les rinocéros laineux, d'autres dévorant plutôt les jeunes pousses des buissons et des jeunes arbres, et les plantes à feuilles, comme les cerfs, les chevreuils, les daims; des hordes de sangliers et des rongeurs bien plus gros que nos ridicules lapins, se nourrissaient des plantes à racines et des graines d'arbres, glands ou noix. Enfin, des géants comme les mamouths laineux et les méga-quelquechose se nourrissaient certainement de feuilles, de bourgeons et de fruits inatégnables par le reste de cette faune; le tout étant régulé par un cortège impressionnant de prédateurs, loups, gloutons, lions, tigres à dents de sabre, lynx, léopards, guépards, ours, et hyennes.
    Les grands herbivores maintenaient la forêt à l'état de quelques grans arbres ou quelques bosquets isolés, ou bien maintenaient en l'état de vastes clairières au milieu de cette forêt, en dévorant les jeunes pousses. Et les prédateurs, en régulant ces grands troupeaux, permettaient à la forêt de se régénérer alternativement, en passant par toutes les strates, des plantes racines aux arbres majestueux.
    Et c'est l'homme qui, par la surchasse, a décimé ces grands troupeaux, petit à petit, laissant le champ libre à la seule forêt, qui n'était plus "taillée" ni "entretenue"; celle que jules césar a décrite comme "tellement dense, que les rayons du soleil ne parviennent plus au pied des arbres, en germanie".
    Le climax européen n'est pas celui de la forêt dense sous laquelle il est difficile de survivre autrement que par la chasse au sanglier, mais celui d'un état permanent de lisière de forêt, entretenu, avec toutes les strates, tout comme l'idéal local que préconise la permaculture.

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