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De profundis

Il est rare que la problématique du pic pétrolier soit aussi bien illustrée.

maximum operational depth of offshore fields.jpg

Article de The Economist (repéré par le phoenix)

La compagnie pétrolière BP a annoncé le 2 mars 2010 une série de mesures d'efficacité et de réduction des coûts afin d'augmenter le bénéfice annuel de 3 milliards de dollars durant les prochaines années. Mais BP et les autres compagnie pétrolières mondiales font face au même problème lorsqu'il s'agit de gonfler leurs bénéfices. Peu de champs pétroliers faciles d'accès et d'exploitation ont été découverts ces dernières années. Cela a mené les compagnie à chercher du pétrole toujours plus profond. En 1947, Kerr-McGee a construit le premier puits off-shore qui était complètement hors de vue depuis la rive et qui forait à 4.6 mètres sous le fond au large de la Louisiane. Cette année, la plate-forme Perdido de Shell va entrer en fonction. Elle est presque aussi haute que la tour Eiffel et est ancrée au fond océanique 2400 mètres plus bas et est capable d'extraire du pétrole jusqu'à une profondeur de 2900 mètres.

L'estimation des réserves disponibles varie de 1000 à 15000 milliards de barils (on en aurait déjà consommé environ 1000) mais cela ne change absolument rien au problème, la tendance est à une diminution du flux (le nombre de barils qu'on peut produire en une journée) et à l'augmentation des coûts.

De fait, la production/consommation mondiale a baissé d'environ 3% depuis le supposé pic pétrolier de 2008 où la production (et donc la consommation) tous liquides a atteint un maximum de 88 millions de barils par jour (~1000 barils / seconde) alors qu'elle est aujourd'hui de 86 millions.

Les "experts" de tous les milieux débattent pour savoir s'il s'agit d'un pic de production ou d'un pic de consommation, de l'importance de la raréfaction des ressources, de l'influence de la spéculation, de savoir s'il est responsable de la crise économique ou la conséquence, etc.

Il y a probablement un peu de tout cela.

Mais la conclusion raisonnable est à mon avis de considérer cette tendance (moins et plus cher) comme irréversible et irrémédiable. Elle va avoir un impact profond sur notre mode de vie, sur notre capacité de production de biens et de nourriture. Les énergies alternatives ne fournissent pas une concentration énergétique comparable au pétrole et à laquelle notre civilisation s'est habituée, pour ne pas dire accoutumée.

Quelques chiffres pour se faire une idée:


Energie Efficacité
Maïs 0.43 102%
Lait 0.75 45%
Pommes 1.67 31%
Œufs 4 19%
Poulet 4.4 15%
Fromage 6.75 15%
Porc 12.6 8.50%
Beuf 31.5 4.30%

L'efficacité correspond au nombre de calories fournies par la nourriture divisées par l'énergie (en kWh par livre) utilisée pour la production. Autrement dit, il faut 25 calories (travail, énergie) pour produire 1 calorie de boeuf. Il est donc facile d'imaginer que la consommation de viande de boeuf et de porc va forcément baisser au fur et à mesure que l'énergie disponible diminue, heureusement pour eux, pour notre environnement et pour notre santé.

PS du 18 mai 2010

L'actualité, avec les déboires de BP dans le golfe du Mexique, nous rappelle cruellement les risques qu'il y a à aller chercher du pétrole aussi loin ou aussi profondément. Mais ces risques, nous allons malheureusement les prendre car nous sommes complètement accros.

PPS du 20 mai 2010

Comment se positionne Deepwater horizon par rapport au dessin du sommet ? Selon wikipedia elle aurait pu être capable, avec quelques modifications, de forer à une profondeur d'eau de 3 km (équivalent à Perdido sur le dessin) mais l'accident ne s'est produit que à une profondeur d'eau de 1.5 km. Lorsqu'on voit les difficultés que ça engendre, on n'ose pas imaginer l'effroyable catastrophe que ça produirait à 3 km ou en Arctique.

PPS du 3 juin 2010

Les opérations de colmatage ont échoué. Ils vont maintenant creuser d'autres puits pour soulager celui qui fuit. Résultats fin août, mais en attendant le pétrole continue de se répandre et provoque une catastrophe écologique majeure, peut-être sans précédents.

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Commentaires

  • Et la marée noire de deepwater horizon est un sérieux coup de semonce...

  • (j'avais pas vu le PS)

    Cela dit, si on compte l'énergie du nettoyage, l'EROEI du forage profond devient certainement inférieure à 1, voire négative...

  • Malheureusement l'énergie du nettoyage déployée par tous les bénévoles et les destructions engendrées n'entrent pas dans le calcul de l'EROEI...
    Espérons que BP payera le prix fort dans cette affaire et que ça serve d'exemple !

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