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Ce à quoi ressemble le pic pétrolier

Résumé de What Peak Oil Looks Like de John Michael Greer, et traduction intégrale en français.

Il y a une décennie, certains expliquaient ce qui se passerait au moment du pic pétrolier si aucune mesure n'était prise : augmentation forte des prix pétroliers paralysant l'économie mondiale et crises politiques. C'est la situation aujourd'hui, nous descendons une longue pente fait de renchérissements énergétiques, de contractions économiques et d'échecs politiques, le tout ponctué de crises, catastrophes et guerres. Chacun se bat pour conserver ses acquis tandis que ceux en mesure de comprendre la situation se garderont bien de la communiquer, ou feront tout pour conserver les apparences de la prospérité.

Les grandes déclarations d'aujourd'hui sur telle découverte pétrolière rendant le pic pétrolier obsolète ne sont pas nouvelles et les déclarations de l'époque ont montré qu'il ne fallait pas en attendre beaucoup. À l'autre extrême on trouve des déclarations tout aussi fracassante sur notre possibilité de faire fonctionner le système industriel actuel avec du renouvelable. Dans les deux cas, ces rhétoriques servent plus à prétendre que la réalité de la déplétion des champs supergéants n'existe pas qu'à faire face à la situation.

 

Le problème actuel, identique à ceux rencontrés dans les pays du Tiers Monde, est le manque de projets "bancables", susceptibles de produire un retour sur investissement suffisant pour satisfaire les investisseurs et engendrer un cycle d'accumulation de capital, construction d'usine, plein emploi et services qui mène à une société industrielle (l'exception notable étant les projets d'extraction de ressources fossiles).

 

L'économie industrielle est avant tout un système de concentration de la richesse et d'arbitrage pour profiter de la différence de prix entre marchés. Cet arbitrage s'est d'abord fait entre le travail humain coûteux et la machine bon marché en Angleterre pour se répandre ensuite sur toute la planète pour créer le monde industriel d'aujourd'hui avec ses riches multinationales.

 

La globalisation des années 90 procède d'un nouvel arbitrage profitant des faibles coûts salariaux dans certains pays et de carburants bon marchés pour les transports.

 

Mais depuis quelques décennies, les profits financiers éclipsent les profits industriels et la conclusion logique sera le manque total de rentabilité des opérations industrielles. La hausse du coût des combustibles fossiles et des autres intrants nécessaire au bon fonctionnement de l'économie industrielle va entrer en collision avec la baisse du coût du travail dans une société appauvrie et surpeuplée pour créer un nouvel arbitrage.

 

Ce que nous commençons à voir, l’ensemble du projet industriel se déliter et l'industrialisme perdre son sens, n'est que le prologue d'une série de transformations économiques brutales qui laisseront peu de vies intactes.

 

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