Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Croissance ! Croissance ! Croa ! Croa !

Ces temps, politiciens et économistes ne semblent avoir que ce mot à la bouche.

Décliné sous toutes ses formes, il est récité comme un mantra, une formule magique pour provoquer le changement.

Il s'agit bien de magie, parce qu'on le sait depuis un moment, la croissance n'est presque plus possible.

On sait aussi que depuis l'explosion de la bulle Internet du début du siècle, l'économie n'est pas dématérialisable. La conséquence est que pour faire fonctionner l'économie, il faut de l'énergie, et l'énergie coûte de plus en plus cher.

Il se trouve encore beaucoup (trop) d'économiste pour prétendre que les réserves de ressources ne sont pas un facteur géologique mais un facteur économique : il suffirait de mettre le prix pour que de nouvelles ressources deviennent disponibles.

Il y a bien sûr une part de vérité, avec un baril de pétrole à plus de 100$, les énormes réserves (supposées) de l'Arctique deviennent réalité (potentielle), mais cette énergie sera très chère et au final le coût d'extraction énergétique sera tel (et je ne parle même pas des catastrophes environnementales qui vont immanquablement se produire à cet endroit) qu'on préfèrera laisser ce pétrole où il se trouve.

La création d'eurobonds ou toute autre forme d'endettement n'est qu'une illusion de plus pour nous faire croire que la création ex-nihilo d'argent pourra produire l'énergie suffisante pour relancer la consommation et l'activité économique.

Nous sommes en phase de déclin, et cet appel désespéré à la relance de la croissance cache une réalité plus inquiétante : la décroissance involontaire des revenus et la difficulté croissante d'assurer et de maintenir les acquis sociaux et les infrastructures, mis encore plus à mal par la croissance du coût de l'énergie, la croissance de l'appareil étatique et la croissance de l'inefficacité à tous les niveaux.

Les états (et les individus) n'auront plus qu'une solution : une phase de catabolisation qui consiste à sacrifier des secteurs moins indispensables.

Pour les individus, on pense immédiatement à la deuxième voiture, à l'abonnement de téléphonie mobile supermégasurf ou aux vacances bisannuelles sous les tropiques.
 
Pour les états, le choix est plus compliqué car il faut obtenir un consensus politique, mais on pourrait citer la réduction des dépenses militaires, la culture, l'aide sociale ou les réseaux de communication périphériques.

Dans les deux cas, la suppression de certaines dépenses rend disponibles des ressources financières et énergétiques qui peuvent être investies dans d'autres secteurs et provoquer momentanément la croissance.

Cette nouvelle croissance sera accueillie dans la joie et la sagesse des dirigeants et de leurs banquiers sera louée, tandis que les laissés pour compte, ceux dont le secteur aura été sacrifié, pleureront en espérant que la grâce de la croissance les touchera à nouveau.

En attendant, si vous sentez que le vent tourne dans la mauvaise direction, il pourrait être plus raisonnable de décroître individuellement, dans le bon ordre et dans la bonne humeur.

Lien permanent Catégories : Economie, Humeur Imprimer

Les commentaires sont fermés.